Légende…

Au risque de me tromper, le palmarès du garçon dont je vais vous dire un mot, c’est ça :

19 saisons pro à l’ASM, et son 418 ème et dernier match le 5 mai avec son unique club…

Premier capitaine à ramener un bouclier de Brennus à Clermont-Ferrand en 2010,

2 titres de champion de France (2010-2017),

3 finales de coupe d’Europe, 1 titre en Challenge Européen en 2007 …

76 sélections en équipe de France. 3 victoires dans le Tournoi des 6 Nations, dont 2 Grands Chelems 3 coupes du monde, dont celle de 2011, en Nouvelle-Zélande, perdue en finale 7-8 contre les All Blacks …

Plus quelques matchs avec les Barbarians dont 2 en tant que capitaine. N’en jetez plus !..

S’il est subjectif d’utiliser des éléments de comparaison dans nos activités habituelles (est-on sûr que tel chef d’entreprise est meilleur que tel autre, que ce prof surpasse celui-là, que cet acteur ou ce chanteur sont très au-dessus de la mêlée ?), l’avantage avec le sport est que la performance est mesurable.

Les chiffres sont là, exceptionnels.

Je ne vais pas ici, parler « rugby ». Certains journalistes le font mieux que moi, quelques (rares) supporters aussi. On peut raisonnablement se contenter de dire que les performances exceptionnelles ne sont pas du ressort de gens normaux, en sport comme ailleurs, en sport surtout.

Donc, l’homme … J’ai la chance de le connaître un peu, de connaître d’autres joueurs et anciens joueurs qui parlent du sportif et de l’homme en termes extraordinairement élogieux, de côtoyer régulièrement certains de ses amis d’enfance … Fidélité, à son club bien sûr, et à son niveau, ça me paraît indépassable ! Fidélité en amitié, ses potes de 20 ans sont toujours là … Un état d’esprit vanté par tous, partenaires actuels et anciens, membres du staff (Franck Azéma : « il a cette qualité très rare d’être dans la transmission tout en essayant de rester le meilleur … un mec honnête et droit, un exemple pour ceux qui suivent »). Bref, un homme qui s’est, en près de deux décennies, hissé au rang de monument du rugby français, et de véritable légende dans toute l’Auvergne. Le 5 mai au soir, il a raccroché, et son humilité a fait qu’il n’a pas consacré beaucoup de temps à l’auto-célébration.

J’ai lu récemment un mot d’Elvis Vermeulen, ancien très grand joueur et un homme formidable, lui aussi,  qui fut longtemps son partenaire, qui disait « je suis fier d’être son pote ».

Je ne suis pas un de ses amis. Étant d’une génération beaucoup plus proche de celle de ses parents que de la sienne (!), nous avons des affinités qui diffèrent un peu, et c’est bien normal.

Mais j’ai le privilège de passer assez souvent du temps avec cet immense champion, toujours autour d’un bon repas, ou de bonnes bouteilles.

Je n’en suis pas fier.

J’en suis extrêmement honoré. Merci Roro.

MT