Covid19, le scénario catastrophe

Faillites en cascade, chômage massif, Etats au bord de la cessation de paiement, épidémies à répétition…

Notre cher Président a commis une erreur sémantique en parlant de guerre. Il voulait probablement dire que nous allions devoir être soumis à des restrictions normalement réservées aux temps de guerre : privation de la liberté d’aller et venir à notre guise, obligation de nous méfier de tous, y compris nos amis, réquisitions de certains secteurs d’activité, etc…

Nous ne sommes pas en guerre, donc, mais engagés dans une lutte sans merci contre l’épidémie. Nous allons très certainement finir par gagner, mais le désastre est tout de même à venir.

Dans quelques mois, la pandémie sera probablement vaincue, si les Pays ont aussi beaucoup aidé l’Afrique qui est très loin d’avoir les équipements matériels et humains pour faire face à une contagion massive, et ce bien au delà des 15 milliards d’euros que l’Europe débloque aujourd’hui même pour elle et d’autres pays très vulnérables.

Dans quelques mois, à peu près tous les pays de la planète seront dans un état économique et social apocalyptique. Partout dans le monde et notamment en France, des milliers de petites entreprises et de commerces vont, malgré des plans d’aide inédits, être en faillite ou obligés de réduire drastiquement la voilure. De nombreuses entreprises de taille intermédiaire aussi. Quelques unes, très importantes vont devoir être soutenues par l’Etat, Air France, par exemple, et même Airbus qui commence a être confronté à des annulations ou reports de commande, aura besoin de l’Europe.

Des chômeurs par centaines de milliers vont déferler à Pôle Emploi, avec leurs lots de détresse et de difficultés en tous genres. La consommation va probablement se réorienter vers davantage de produits alimentaires ou manufacturés locaux, mais va aussi baisser drastiquement. Les analystes parlent déjà d’un recul du pouvoir d’achat moyen au niveau de celui qui prévalait il y a vingt ans.

Au delà de la catastrophe sociale annoncée, tout cela a un coût économique extravagant. Excepté peut-être l’Allemagne, pour le moment, les Etats déploient aujourd’hui des aides qui dépassent déjà largement leurs moyens. Ils recourent donc à l’endettement, mais les niveaux des besoins de l’ensemble des pays font que les marchés financiers ne pourront pas suivre tout le monde en même temps. Les dettes, déjà colossales, vont dépasser la limite du supportable, d’autant que les recettes fiscales et sociales vont s’effondrer. Une récession très brutale est annoncée pour 2020 et 2021, à des niveaux inconnus depuis la seconde guerre mondiale (des chiffres de 5 à 30% de recul de PIB sont annoncés selon les pays).

Les crises migratoires déjà terribles, vont encore s’aggraver. Il faut espérer que l’Europe, contrairement aux incantations des extrêmes droite et gauche, non seulement résiste, mais au contraire se renforce, même s’il est très possible qu’un ou deux pays supplémentaires la quittent.

Bref, vous aurez compris que je trouve peu de raisons d’être optimiste, et suis hélas convaincu que ce scénario catastrophe n’est pas une fiction. Il faut souhaiter, bien sûr, que nombre d’entre nous, dans les générations antérieures à la mienne, soient disposés à se battre, conscients des sacrifices terribles qui s’annoncent, et déterminés à surmonter cette épreuve historique. Et que les autres n’empêcheront pas ceux-là de nous sortir de cet enfer.

En attendant, restez scrupuleusement chez vous, pour avancer autant que possible la date de fin de l’épidémie. Ce sera toujours ça de gagné…

Marc T.

©️ Dessein Ali Dilem