Big Brother te dévalise

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Petite anecdote postée avant-hier sur Facebook : une recherche, la veille, d’un numéro de téléphone via les pages jaunes sur une tablette. Dès le lendemain, une publicité de la société recherchée sur cette application apparaît pour la première fois sur ma page Facebook…

Il semble donc évident que Facebook a accès, à minima, aux données captées par l’application des Pages Jaunes, voire à l’ensemble du trafic internet de l’internaute, et qu’il ne se contente donc pas d’utiliser l’activité de ses abonnés sur sa propre application. Il n’y aurait donc aucune limite dans la récupération des données personnelles. Constatation plutôt déstabilisante qui interroge sur le respect des règles de protection de la vie privée par les GAFA ou même d’autres, plus modestes. On peut même s’interroger sur le contenu de ces règles car il serait étonnant que ces géants les contournent ouvertement.

Pour ce qui est des réseaux sociaux ou de Google, nous cédons nos données en échange d’un service réputé gratuit mais qui, en réalité ne l’est pas puisqu’il exige cette forme de troc : ces entreprises nous offrent la possibilité de rechercher des informations, de communiquer sans limite partout dans le monde, et financent l’outil (et leurs bénéfices) en monétisant nos données auprès d’annonceurs. Tout cela peut sembler logique.

Ce n’est, hélas, pas tout à fait le cas, pour au moins une raison : le côté extrêmement sournois de la récupération des données. Nous, les internautes comme il y en a des millions, sommes les complices involontaires de ce système. En effet, tous les jours, nous y contribuons en cliquant les yeux fermés sur des « OK » qui nous sont proposés à tout bout de champ. Par exemple, prendre la précaution dès l’installation de l’application de refuser les cookies des Pages Jaunes aurait évité cette intrusion dans ma vie privée. Nous ne sommes pas suffisamment vigilants, et pour la plupart d’entre nous, pas suffisamment formés aux arcanes (je n’ai pas dit arnaques, hein) de l’industrie du numérique.

Pour l’instauration d’un droit à la propriété sur les données personnelles

S’il est normal qu’il y ait une compensation au fait que les réseaux sociaux sont gratuits, que les moteurs de recherche tellement pratiques le sont aussi, il s’avère que nos données personnelles valent finalement beaucoup d’argent. Voyez les chiffres d’affaires et les bénéfices astronomiques des GAFA dont les business reposent essentiellement sur la monétisation (je n’ai pas dit trafic, hein) des données (d’aucuns disent data, c’est plus chic). Elles valent même très cher, et il semble que ceux, de plus en plus nombreux, qui défendent le droit de propriété sur les données personnelles mènent un combat légitime qui permettrait d’équilibrer la répartition de leur valeur. Nous pourrions, de manière individuelle, vendre nos données aux plateformes, ou au contraire, payer leur service et leur refuser l’accès à ces données. À l’échelle mondiale, ce sont des dizaines de milliards qui pourraient basculer, tout en contraignant ces géants du numérique à inventer des solutions moins intrusives pour développer leur business. Le think-tank Génération Libre ( generationlibre.eu ), entre autres, a beaucoup travaillé sur cette question du droit de propriété des données personnelles, comparable à celui de la propriété intellectuelle.

En attendant, prendre le temps d’aller dans nos réglages, puis de dérouler nos applications et en empêcher certaines de nous dévaliser, doit permettre d’éviter cette sensations désagréable d’être espionné, de faire l’objet d’un voyeurisme à but lucratif. Covid ou pas, sur internet avançons masqués !

Marc T.

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