Dans le mur, oui mais le plus tard possible

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Sans doute est-ce un des effets des confinements successifs que nous avons dû subir, mais nous sentons confusément qu’un monde est entrain de finir. Et sauf à sombrer dans un optimisme fortement teinté de béatitude, il semble que le prochain sera pire que l’actuel, voire bien pire.

Certes, nous prenons conscience de l’urgence climatique, confrontés tous les jours aux désastres dûs au réchauffement de la planète et le processus, hélas, s’accélère chaque jour un peu plus.

Depuis quelques jours dans l’antarctique, un iceberg de la taille de la moitié  de la Corse vient de se détacher de la banquise. On connaît bien les conséquences de ce type de phénomène, au delà du drame pour une partie de la faune : cette libération d’eau douce rend l’eau de mer moins salée, moins dense. Elle descend moins en profondeur et du coup absorbe moins le CO2. Cela a des conséquences sur le climat, par exemple en Europe avec l’évolution préoccupante du Gulf Stream, où les extrêmes climatiques sont plus marqués : des hivers plus froids, des tempêtes plus fortes et des étés plus chauds. On pourrait parler aussi de la dangereuse élévation du niveau de la mer provoquée par la fonte des glaces.

L’âge des pandémies

Autre exemple très inquiétant : la destruction systématique du vivant et la déforestation sont, de façon maintenant quasi-certaine, un facteur de transmission de virus des animaux vers l’homme. Des scientifiques de haut vol l’ont constaté depuis déjà quelques années et ont maintenant des certitudes. Peter Piot, microbiologiste et virologue, co-découvreur du virus Ebola, directeur du Centre de médecine d’hygiène de Londres et conseiller spécial de la présidente de la Commission européenne sur la crise de la Covid-19 l’annonce sans ambage : nous sommes entrés dans «l’âge des pandémies», en raison de notre croissante incapacité à vivre en harmonie avec la nature et les écosystèmes naturels. En d’autres termes, disons que ce que nous venons de vivre avec la Covid19 n’est peut-être qu’un exercice préparatoire pour la suite…

Et les politiques dans tout ça ?

On reproche beaucoup aux politiques de ne pas prendre ce sujet au sérieux, donc de ne pas imposer de mesures franchement efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique. Par « politiques », il n’est pas question ici des professionnels de l’écologie politique, qui se caractérisent positivement par les alertes qu’ils lancent en permanence, et négativement par les solutions qu’ils préconisent. Il est à noter qu’aucun grand pays n’est dirigé par des élus écologistes, et c’est probablement très bien ainsi. Leur position sur, entre autres, le nucléaire qui est la source d’énergie la plus propre et de très loin, devient pathétique à force d’aller à l’encontre des objectifs finaux de réduction de CO2. L’exemple de l’Allemagne est assez édifiant. Ce pays, qui était le bon élève de l’Europe en matière de gaz à effet de serre est devenu un cancre après avoir fermé ses centrales nucléaires, sous la pression à l’époque des premiers écologistes ayant eu un poids politique déterminant. L’Allemagne produit aujourd’hui une électricité huit fois plus carbonée que la France… Ce qui est en réalité très inquiétant, ce n’est pas, en France, le désintérêt des gouvernants, car la transition écologique est un vrai sujet pour eux depuis plusieurs années. Ce qui l’est, c’est l’impossibilité évidente de trouver des accords internationaux sur le climat. Par exemple les énergies fossiles ne figurent dans aucun des accords, ceci afin que les pays producteurs signent un document finalement vidé de son sens. Comment prendre des décisions drastiques sur l’énergie, les transports, l’industrie automobile etc, sans porter une atteinte dramatique à notre économie si nous sommes seuls à le faire ? Parmi les pays développés, la France est l’un des plus raisonnables. Elle était responsable de 1,2% des émissions de CO2 de la planète en 2007, 0,9% en 2017. Elle a fait des efforts, et même si c’est toujours insuffisant, la seule question qui vaille c’est « comment convaincre la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie etc… de prendre les mesures qui s’imposent ? » Le tableau qui suit est édifiant.

La France, et c’est tout à son honneur, est, à l’échelle de la planète, quantité quasiment négligeable en matière d’émission de CO2.

La concurrence internationale fera échouer le sauvetage de la planète

Et c’est ce qui est terrifiant : le salut de la planète serait entre les mains des dirigeants de ces pays très pollueurs. Un sursaut salvateur de l’ensemble de ces pays n’est qu’une illusion. Cela n’arrivera pas, chacun étant dans la logique du « moi d’abord » (America first). Le générations futures doivent donc se préparer à un climat de plus en plus agité, des tempêtes, cyclones, inondations à répétition et dont la violence ira croissant, des flux migratoires accentués par la recherche de terres où la vie sera possible, l’extinction d’espèces animales, et des virus, des pandémies, des victimes et des périodes de confinement. Programme apocalyptique…

Nous irons donc dans le mur. Cela n’empêche pas, bien sûr de prendre des initiatives, de tendre vers le progrès. Mais le seul objectif que nous pouvons nous fixer, c’est de retarder l’échéance. Dans le mur, oui, mais le plus tard possible.

Marc T.

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