Quel genre d’artiste es-tu ? Génial ou malin ?

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Peu de temps avant son assassinat dans les locaux de Charlie Hebdo en janvier 2015, Wolinski affirmait qu’il aimait bien être traité de vieux con. C’était après sa diatribe contre Jeff Koons, dont il disait qu’il démontre des qualités commerciales et un sens du marketing très supérieurs à son talent artistique. Qu’il est bien plus malin que génial.

Très modestement, je veux bien moi aussi passer pour un vieux con. C’est déjà le cas (on me l’a dit), et pas seulement pour partager l’avis de Wolinski au sujet de Koons. Aujourd’hui, on peut vendre une œuvre fantôme, qui n’existe pas. Si on est malin, la preuve est faite qu’il est possible de trouver des gogos pour enchérir sur du vent. On peut aussi se faire attaquer pour plagiat après l’avoir fait ! On peut remporter un succès qui dépasse largement l’estime en scotchant une banane sur un mur.
Non, vraiment, si vous manquez de génie, soyez malin : au diable l’esthétisme, proposez un concept, une démarche intellectuelle qui restera obscure pour les imbéciles, mais c’est sans importance. Que vous soyez peintre, sculpteur, poète, écrivain, musicien, chanteur, si techniquement vous êtes proche du niveau zéro et qu’à l’évidence aucun talent n’est chez vous détectable, ni à la première ni à la cinquième approche, soyez futé ! Inscrivez-vous dans un registre transgressif, voire subversif pour gêner le consommateur d’art de base. Puis au besoin, faites-vous assister d’un professionnel de la communication pour inventer le concept révolutionnaire que vous proposez à travers vos chefs-d’œuvre, ce très fameux concept qui échappe naturellement aux esprits formatés par des règles esthétiques d’un autre âge.

Tout petit déjà, j’étais un vieux con, et très jeune, fan de Wolinski. Ça ne s’arrange pas… L’esthétique, notion évidemment subjective, doit rester, à mon sens, la règle principale d’appréciation d’une œuvre d’art et je nourris un profond mépris pour celles et ceux nient son importance. Je ne perçois aucun génie, par exemple, chez les massacreurs de la langue française. Le snobisme ridicule des inventeurs, puis des utilisateurs de l’écriture inclusive, des anglicismes à répétition, tous ces gens qui ruinent la beauté de la langue m’indisposent. À l’évidence, là aussi, la profondeur des concepts m’échappe.

Et visiblement plus on est con, jeune ou vieux, plus on a besoin d’explications…

Marc T.

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