Réseaux sociaux : sommes-nous tous hystériques ?

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Les réseaux sociaux n’ont pas que des inconvénients.
On peut, par exemple, y faire des rencontres forcément inattendues, insolites, parfois drôles, rarement touchantes, exceptionnellement amicales, le « plus si affinités » étant l’anomalie qui confirme la règle.

Car la règle consiste plutôt à être sollicité par des internautes qui nourrissent une véritable obsession du nombre d’amis ou de followers. Des gens qui, pour la plupart, se fichent complètement de savoir qui vous êtes, de vérifier si vous publiez des choses intéressantes ou pas, qui ne cherchent pas à savoir s’ils ont avec vous un minimum de convergence de vues, d’idées ou de goûts.
Grâce à vous, ils vont franchir la barre des 100, 500, 1000, etc… « amis » ou followers, et c’est ça qui compte, rien d’autre.
Entretenir l’illusion d’être aimé par le plus grand nombre, ouvrir les failles béantes du narcissisme de celles et ceux qui, pour vous montrer la lune, exposent d’abord leur visage épanoui, autant de caractéristiques de l’action des réseaux sociaux dont le but est bien sûr de multiplier les utilisateurs.

Les systèmes mis en place nous flattent en nous faisant sentir infiniment plus importants que nous le sommes réellement. Les likes, commentaires et partages sont des récompenses qui créent la dépendance, des récompenses de nature narcissique (on y revient !) qui provoquent une forme d’addiction.  
Facebook et Instagram sont des supports dont de nombreux abonnés sont orientés vers l’exhibition de leur vie privée, persuadés que celle-ci est de nature à intéresser le plus grand nombre.
Twitter, dont le fonctionnement est différent, permet à chacun de s’adresser à un nombre important d’abonnés, de l’internaute lambda au personnel politique ou tout autre type de célébrité ou sommité.
Ce réseau est un exutoire qui donne à chacun le sentiment qu’il détient la vérité. C’est effectivement un lieu de libération de la parole, mais aussi de condamnation sans procès, d’insultes, de diffamation, de propagation de fake news. Twitter est très violent puisque l’insulte y est considérée comme une liberté fondamentale.
Twitter et Facebook, en permettant de partager des mensonges ou de répandre la haine, contribuent sans aucun doute à la montée du populisme.
Les comptes anonymes y font des ravages, et la médiocrité l’emporte largement. Mais il faut bien reconnaître que ce droit de parole qu’offre Twitter, parole dont la portée peut être considérable, est lui aussi addictif.

Pour une utilisation mentalement hygiénique des réseaux sociaux, pour échapper à l’hystérie qui gagne chaque jour du terrain, nous devons donc, pour le moins, être très sélectifs dans la gestion de nos contacts.
C’est une indispensable mesure de sauvegarde afin de tenter d’échapper à l’abêtissement général.
Sans aucune garantie de succès.

Marc T.

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