Schubert, comme une évidence…

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En matière de musique, j’aime Schubert, par dessus tout.

Je ne suis pas un grand spécialiste, mais il me semble, et nous sommes nombreux à le penser, que Mozart est le plus grand de tous, devant Beethoven, Bach et… Schubert. D’ailleurs, dans mon modeste panthéon musical, l’andante du Concerto n°21 de Mozart ( https://youtu.be/8RL8QVIrSug ) est ce que je considère comme le sommet de la beauté, comme un véritable miracle.

Pourtant, je lui préfère Schubert. La facilité, le génie de Mozart m’impressionnent, m’émeuvent très souvent. Schubert me bouleverse. Malgré les ombres de Beethoven et de Mozart qui planent en permanence sur l’œuvre de Schubert, sa musique s’adresse au cœur, pas à l’intellect et c’est sans doute pour cette raison que les «musicologues», ces gens qui ont le culte de la technique et de la forme, sont peu sensibles au génie schubertien…

La musique de Schubert c’est la vie, un peu, et c’est la mort, beaucoup.
Quelques sourires, l’amitié, la tendresse, mais aussi et le plus souvent, la douleur de vivre, la solitude, le désespoir.
Schubert est mort à trente et un ans de la fièvre typhoïde, après avoir vu sa santé se dégrader en raison d’un traitement à base de mercure d’une syphilis contractée six ans plus tôt.
Une vie économiquement très difficile, la plupart du temps hébergé dans sa famille ou chez des amis, et pourtant, son répertoire dépasse les mille compositions, dont beaucoup ont été publiées après sa mort.
Schubert ne possédait pas de piano et composait de tête. Il semble que seul Mozart disposait également de cette incroyable facilité qui consiste à écrire des notes sans même pouvoir les essayer, les entendre réellement !

Si les éditeurs et les mécènes de l’époque se montraient peu coopératifs, Schubert entretenait malgré tout l’amitié, symbolisée par les fameuses « schubertiades », réunions le soir, à Vienne, où se retrouvaient autour du compositeur des artistes de tous bords, poètes, peintres, philosophes, tous plus ou moins victimes de l’environnement intellectuel défavorable de l’époque, celle de Metternich, dans une forme de solidarité artistique. « Un effort unique vers le beau nous animait tous » disait le musicien.

Une vie difficile, donc, la souffrance, des amours contrariés par les circonstances ou la maladie, mais une œuvre qui traduit la douleur sans ressentiment, sans colère. Aucune agressivité, pas même la moindre tentative de révolte, la musique de Schubert impressionne par sa douceur, et très souvent par son infinie tendresse. Elle console de la dureté de la vie, de la solitude subie, et incite à l’acceptation de nos échecs. Beauté pure, qui me rappelle irrésistiblement ce mot de Victor Hugo à propos de la mélancolie qu’il disait être « le bonheur d’être triste ».

Suivent quelques suggestions d’écoute, pour, qui sait, vous donner envie de plonger dans l’œuvre de ce génie qui me touche tant…

Marc T.

▫️Sonate pour piano en la D959 – Andantino  👉 https://youtu.be/fubKC4TNi2g

▫️Trio pour piano et cordes Opus 100 – Andante con moto 👉 https://youtu.be/Yj9eI2nWaGo

▫️La jeune fille et la mort – Quatuor pour cordes – Andante con moto 👉 https://youtu.be/bzyOYykWNPE

▫️Sonate pour arpeggione  D821 – Adagio 👉 https://youtu.be/hFBAVF93ve8

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